CHAPITRE I
Généralités Sur Le Traitement D'images
Table des Matieres :
*I.4 CARACTERISTIQUES DUNE IMAGE NUMERIQUE
** * * * * * * * * *
I.5 QUALITE DE LIMAGE NUMERIQUE
*I.6 IMAGES BITMAP ET IMAGES VECTORIELLES
*I.7 LES SYSTEMES DE TRAITEMENT DIMAGES
* * *
Avec la parole, limage constitue lun des moyens les plus importants quutilise lhomme pour communiquer avec autrui. Cest un moyen de communication universel dont la richesse du contenu permet aux êtres humains de tout âge et de toute culture de se comprendre.
Cest aussi le moyen le plus efficace pour communiquer, chacun peut analyser limage à sa manière, pour en dégager une impression et den extraire des informations précises.
De ce fait, le traitement dimages est lensemble des méthodes et techniques opérant sur celles-ci, dans le but de rendre cette opération possible, plus simple, plus efficace et plus agréable, daméliorer laspect visuel de limage et den extraire des informations jugées pertinentes.
Limage est une représentation dune personne ou dun objet par la peinture, la sculpture, le dessin, la photographie, le film, etc.
Cest aussi un ensemble structuré dinformations qui, après affichage sur lécran, ont une signification pour lil humain.
Elle peut être décrite sous la forme dune fonction I(x,y) de brillance analogique continue, définie dans un domaine borné, tel que x et y sont les coordonnées spatiales dun point de limage et I est une fonction dintensité lumineuse et de couleur. Sous cet aspect, limage est inexploitable par la machine, ce qui nécessite sa numérisation
[AND 87].
Contrairement aux images obtenues à laide dun appareil photo, ou dessinées sur du papier, les images manipulées par un ordinateur sont numériques (représentées par une série de bits).
Limage numérique est limage dont la surface est divisée en éléments de tailles fixes appelés cellules ou pixels, ayant chacun comme caractéristique un niveau de gris ou de couleurs prélevé à lemplacement correspondant dans limage réelle, ou calculé à partir dune description interne de la scène à représenter.[GON 77].
La numérisation dune image est la conversion de celle-ci de son état analogique (distribution continue dintensités lumineuses dans un plan xOy. [LAH 93] ) en une image numérique représentée par une matrice bidimentionnelle de valeurs numériques f(x,y) où :
x, y : coordonnées cartésiennes dun point de limage.
f(x, y) : niveau de gris en ce point
Pour des raisons de commodité de représentation pour laffichage et ladressage, les données images sont généralement rangées sous formes de tableau I de n lignes et p colonnes. Chaque élément I(x ,y) représente un pixel de limage et à sa valeur est associé un niveau de gris codé sur m bits (2m niveaux de gris ; 0 = noir ; 2m-1 = blanc). La valeur en chaque point exprime la mesure dintensité lumineuse perçue par le capteur .
I.4 Caractéristiques dune image numérique
Limage est un ensemble structuré dinformations caractérisé par les paramètres suivants:
I.4.1 PIXEL [ENC 97]
Contraction de lexpression anglaise " picture éléments ": éléments dimage, le pixel est le plus petit point de limage, cest une entité calculable qui peut recevoir une structure et une quantification. Si le bit est la plus petite unité dinformation que peut traiter un ordinateur, le pixel est le plus petit élément que peuvent manipuler les matériels et logiciels daffichage ou dimpression. La lettre A, par exemple, peut être affichée comme un groupe de pixels dans la figure ci-dessous :

La quantité dinformation que véhicule chaque pixel donne des nuances entre images monochromes et images couleurs. Dans le cas dune image monochrome, chaque pixel est codé sur un octet, et la taille mémoire nécessaire pour afficher une telle image est directement liée à la taille de limage.
Dans une image couleur (R.V.B.), un pixel peut être représenté sur trois octets : un octet pour chacune des couleurs : rouge ( R ), vert ( V ) et bleu (B).
I.4.2 DIMENSION [had 97]
Cest la taille de limage. Cette dernière se présente sous forme de matrice dont les éléments sont des valeurs numériques représentatives des intensités lumineuses (pixels). Le nombre de lignes de cette matrice multiplié par le nombre de colonnes nous donne le nombre total de pixels dans une image..
Cest la clarté ou la finesse de détails atteinte par un moniteur ou une imprimante dans la production dimages. Sur les moniteurs dordinateurs, la résolution est exprimée en nombre de pixels par unité de mesure (pouce ou centimètre). On utilise aussi le mot résolution pour désigner le nombre total de pixels affichables horizontalement ou verticalement sur un moniteur; plus grand est ce nombre, meilleure est la résolution [ENC 97].
Un bruit (parasite) dans une image est considéré comme un phénomène de brusque variation de lintensité dun pixel par rapport à ses voisins, il provient de léclairage des dispositifs optiques et électroniques du capteur [GON 77].
Lhistogramme des niveaux de gris ou des couleurs dune image est une fonction qui donne la fréquence dapparition de chaque niveau de gris (couleur) dans limage. Pour diminuer lerreur de quantification, pour comparer deux images obtenues sous des éclairages différents, ou encore pour mesurer certaines propriétés sur une image, on modifie souvent lhistogramme correspondant [KUN 93][GON 77].
Il permet de donner un grand nombre dinformation sur la distribution des niveaux de gris (couleur) et de voir entre quelles bornes est repartie la majorité des niveaux de gris (couleur) dans les cas dune image trop claire ou dune image trop foncée.
Il peut être utilisé pour améliorer la qualité dune image (Rehaussement dimage) en introduisant quelques modifications, pour pouvoir extraire les informations utiles de celle-ci.
Les contours représentent la frontière entre les objets de limage, ou la limite entre deux pixels dont les niveaux de gris représentent une différence significative [GRA 91]. Les textures décrivent la structure de ceux-ci. Lextraction de contour consiste à identifier dans limage les points qui séparent deux textures différentes [KUN 93].
I.4.7 LUMINANCE [TAB 96]Cest le degré de luminosité des points de limage. Elle est définie aussi comme étant le quotient de lintensité lumineuse dune surface par laire apparente de cette surface, pour un observateur lointain, le mot luminance est substitué au mot brillance, qui correspond à léclat dun objet. Une bonne luminance se caractérise par :
Des images lumineuses (brillantes);
Un bon contraste : il faut éviter les images où la gamme de contraste tend vers le blanc ou le noir; ces images entraînent des pertes de détails dans les zones sombres ou lumineuses.
Cest lopposition marquée entre deux régions dune image, plus précisément entre les régions sombres et les régions claires de cette image. Le contraste est défini en fonction des luminances de deux zones dimages.
Si L1 et L2 sont les degrés de luminosité respectivement de deux zones voisines A1 et A2 dune image, le contraste C est défini par le rapport :
I.4.9 IMAGES A NIVEAUX DE GRIS [har 95]
Le niveau de gris est la valeur de lintensité lumineuse en un point. La couleur du pixel peut prendre des valeurs allant du noir au blanc en passant par un nombre fini de niveaux intermédiaires. Donc pour représenter les images à niveaux de gris, on peut attribuer à chaque pixel de limage une valeur correspondant à la quantité de lumière renvoyée. Cette valeur peut être comprise par exemple entre 0 et 255. Chaque pixel nest donc plus représenté par un bit, mais par un octet. Pour cela, il faut que le matériel utilisé pour afficher limage soit capable de produire les différents niveaux de gris correspondant.
Le nombre de niveaux de gris dépend du nombre de bits utilisés pour décrire la " couleur " de chaque pixel de limage. Plus ce nombre est important, plus les niveaux possibles sont nombreux.
I.4.10 IMAGES EN COULEURS [har 95]
Même sil est parfois utile de pouvoir représenter des images en noir et blanc, les applications multimédias utilisent le plus souvent des images en couleurs. La représentation des couleurs seffectue de la même manière que les images monochromes avec cependant quelques particularités. En effet, il faut tout dabord choisir un modèle de représentation. On peut représenter les couleurs à laide de leurs composantes primaires. Les systèmes émettants de la lumière (écrans dordinateurs,...) sont basés sur le principe de la synthèse additive : les couleurs sont composées dun mélange de rouge, vert et bleu (modèle R.V.B.).
La représentation en couleurs réelles
Elle consiste à utiliser 24 bits pour chaque points de limage. Huit bits sont employés pour décrire la composante rouge ( R ), huit pour le vert (V) et huit pour le bleu (B). Il est ainsi possible de représenter environ 16,7 millions de couleurs différentes simultanément. Cela est cependant théorique, car aucun écran nest capable dafficher 16 millions de points. Dans la plus haute résolution (1600 x 1200), lécran naffiche que
1 920 000 points. Par ailleurs, lil humain nest pas capable de distinguer autant de couleurs.
La représentation en couleurs indexées
Afin de diminuer la charge de travail nécessaire pour manipuler des images en 24 bits, on peut utiliser le mode de représentation en couleurs indexée. Le principe consiste à déterminer le nombre de couleurs différentes utilisées dans limage, puis à créer une table de ces couleurs en attribuant à chacune une valeur numérique correspondant à sa position dans la table. La table, appelée palette, comporte également la description de chacune des couleurs, sur 24 bits.
Autres modèles de représentation
Le modèle R.V.B. représentant toutes les couleurs par laddition de trois composantes fondamentales, nest pas le seul possible. Il en existe de nombreux autres. Lun deux est particulièrement important. Il consiste à séparer les informations de couleurs (chrominance) et les informations dintensité lumineuse (luminance). Il sagit du principe employé pour les enregistrements vidéo. La chrominance est représentée par deux valeurs (selon des modèles divers) et la luminance par une valeur.
I.5 QUALITE DE Limage NUMERIQUE [dek 96]
Elle dépend, dune part, de la qualité des images dorigine et, dautre part, des moyens mis en uvre pour convertir un signal analogique en signal numérique. Elle dépend aussi de :
La qualité des périphériques de numérisation de l'image, du nombre de niveaux de gris ou de couleurs enregistrées, etc.
La qualité de laffichage à l 'écran : définition de l'écran, nombre de teintes disponibles simultanément, calibrage de lécran, etc.
Les critères dappréciation de la qualité dune image, tels que cités succinctement ci-dessus, dépendent largement de la structure même de limage réaliste ou conceptuelle et de son mode de représentation (bitmap ou vectorielle).
I.6 IMAGES BITMAP ET IMAGES VECTORIELLES [har 95]
Les images appartiennent à deux grandes familles : bitmap (image-bit) et vectorielle.
Alors quune image vectorielle est décrite à laide de courbes et déquations mathématiques, une image bitmap est constituée de pixels et se réduit donc à une matrice de points.
Si les images vectorielles peuvent être manipulées avec beaucoup de facilité, les modifications de taille, par exemple, apportées à une image bitmap ne sont pas sans incidence.
I.7 LES SYSTEMES DE TRAITEMENT DIMAGES
Un système de traitement numérique dimages est composé de :

I.7.1 ACQUISITION DES DONNEES IMAGES [tab 96]
Lacquisition dimages constitue un des maillons essentiels de toute chaîne de conception et de production dimages. Pour pouvoir manipuler une image sur un système informatique, il est avant tout nécessaire de lui faire subir une transformation qui la rendra lisible et manipulable par ce système. Le passage de cet objet externe (limage dorigine) à sa représentation interne (dans lunité de traitement) se fait grâce à une procédure de numérisation. Ces systèmes de saisie, dénommés optiques, peuvent être classés en deux catégories principales : les caméras numériques et les scanners.
A ce niveau, notons que le principe utilisé par le scanner est de plus en plus adapté aux domaines professionnels utilisant le traitement de limage comme la télédétection, les arts graphiques, la médecine, etc.
Le développement technologique a permis lapparition de nouveaux périphériques dacquisition appelés cartes dacquisition, qui fonctionnent à linstar des caméras vidéo, grâce à un capteur C.C.D. (Charge Coupled Device). La carte dacquisition reçoit les images de la camera, de la T.V. ou du scanner afin de les convertir en informations binaires qui seront stockées dans un fichier.
I.7.2 DISPOSITIFS DE NUMERISATION DIMAGES
Suivant lobjet ou le document à numériser et le domaine dapplication dans lequel limage va être utilisée, il existe divers dispositifs de numérisation dimages allant du simple scanner à main au satellite de télédétection.
I.7.3 PRE-TRAITEMENT ET POST-TRAITEMENTLe pré-traitement concerne les images acquises tandis que le post-traitement concerne les images traitées. Dans les deux cas, les images ne peuvent échapper aux effets de dégradations dus essentiellement aux phénomènes physiques tels que :
La diffraction (déviation) du système optique.
Le flou dû au mouvement de limage durant son acquisition.
Pour pallier à ces dégradations on utilise en général le filtrage.
I.7.4 FILTRAGE NUMERIQUE [had 97]
Pour améliorer la qualité visuelle de limage, on doit éliminer les effets des bruits (parasites) en lui faisant subir un traitement appelé filtrage.
Le filtrage consiste à modifier la distribution fréquentielle des composantes dun signal selon des spécifications données.
Le système linéaire utilisé est appelé filtre numérique.
Parmi ces systèmes, nous distinguons : les filtres passe-bas (lissage), filtres passe-haut (accentuation), filtres passe-bande (différenciation) et filtres directionnels.
Ce filtre naffecte pas les composantes de basse fréquence dans les données dune image, mais doit atténuer les composantes de haute fréquence .
Lopération de lissage est souvent utilisée pour atténuer le bruit et les irrégularités de limage. Elle peut être répétée plusieurs fois, ce qui crée un effet de flou. En pratique, il faut choisir un compromis entre latténuation du bruit et la conservation des détails et contours significatifs .
FILTRE PASSE-HAUT (ACCENTUATION)
Le renfoncement des contours et leur extraction sobtiennent dans le domaine fréquentiel par lapplication dun filtre passe-haut.
Le filtre digital passe-haut a les caractéristiques inverses du filtre passe-bas .Ce filtre naffecte pas les composantes de haute fréquence dun signal, mais doit atténuer les composantes de basse fréquence .
FILTRE PASSE-BANDE (DIFFERENTIATION)
Cette opération est une dérivée du filtre passe-bas. Elle consiste à éliminer la redondance dinformation entre limage originale et limage obtenue par filtrage passe-bas. Seule la différence entre limage source et limage traitée est conservée.
Dans certains cas, on cherche à faire apparaître des détails de limage dans une direction bien déterminée. Pour cela, on utilise des filtres qui opèrent suivant des directions (horizontales, verticales et diagonales).
I.7.5 traitement numerique des images
On peut citer les traitements suivants :
La convolution est le remplacement de la valeur dun pixel par une combinaison linéaire de ses voisins. Elle consiste à faire balayer une fenêtre (masque) sur lensemble des points de limage [MOK 92].
LA SEGMENTATION [TOU 87]
On est conduit pour analyser une image à la partager en un certain nombre de domaines connexes (unis): ce processus joue un rôle de plus en plus important en traitement numérique des images.
Deux points appartiennent à un même domaine sils possèdent une même propriété caractéristique P et si on peut les joindre par une chaîne continue de points voisins ayant cette propriété P. Une segmentation est donc définie par le type de propriété et par la définition de voisinage.
Tout système de traitement dimage est doté dun dispositif de visualisation qui permet laffichage des images .
Lutilisation de différents types de restituteurs permet de transformer le signal numérique quest la matrice image en un signal analogique visible par lil de lobservateur. Pour cela, différents types de supports peuvent être employés : moniteur vidéo, clichés photographiques, impression sur papier. Dans tous les cas et pour chaque échantillon de limage numérique, on recrée un nouvel élément dimage ou un nouveau pixel dont on choisit la forme de façon à reconstituer une image analogique qui soit la plus proche possible de limage avant numérisation compte tenu des erreurs introduites lors de lacquisition, de la numérisation et de la transmission .
Le traitement dimages possède laspect multidisciplinaire. On trouve ses applications dans des domaines très variés tels que les télécommunications (T.V., vidéo, publicité,...), la médecine (radiographie, ultrasons,...), biologie, astronomie, géologie, lindustrie (robotique, sécurité), la météorologie, larchitecture, limprimerie, larmement (application militaire).
De nouvelle applications pratiques sont possibles aujourdhui et touchent tous les domaines dactivités, tels que : métiers du spectacle, de la radio, créations artistiques,...
CONCLUSION
| La représentation des images fixes est un des éléments essentiels des applications multimédias, comme dans la plupart des systèmes de communication. La manipulation des images pose cependant des problèmes beaucoup plus complexes que celle du texte. En effet, limage est un objet à deux dimensions, censé représenter un espace à trois dimensions, ce qui a deux conséquences majeures : Le volume des données à traiter est beaucoup plus important ; La structure de ces données est nettement plus complexe. Il en résulte que la manipulation, le stockage et la représentation de ces données se heurtent à certaines limitations. Grâce au traitement dimage, ces contraintes sont levées ou contournées. En effet, ce domaine cherche à détecter la présence de certaines formes, certains contours ou certaines textures dun modèle connu, cest le problème de la détection. Un autre aspect de traitement dimage concerne lanalyse et la compréhension de limage dans le but den extraire des informations utiles. Il cherche aussi parfois à comprimer limage, afin de gagner en vitesse lors de la transmission de linformation, et en capacité de stockage, tout en dégradant le moins possible les images considérées. Cest le domaine du codage ou compression des images, objet de notre étude, que lon détaillera dans les chapitres qui suivent. |

© 1999, KADDOUR Chakib
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